Diabète de type 2 : les personnes à risque

Sommaire

Le diabète de type 2 est la forme la plus fréquente de diabète sucré, puisqu'elle représente à elle seule 90 % des cas de diabète, soit un peu plus de 3 millions de personnes en France. À l'échelle mondiale, 10,5 % de la population était concernée par cette pathologie en 2021 et les projections suggèrent que sa prévalence pourrait atteindre 12,2 % en 2045 (soit 783 millions de personnes).

Diabète type 2 : une maladie qui apparaît après 40 ans

De manière caractéristique, le diabète de type 2 survient au cours de la deuxième moitié de la vie, après l'âge de 40 à 50 ans. La maladie se développe le plus souvent à partir de 40 ans, mais l'âge moyen au moment du diagnostic avoisine les 65 ans

Pourquoi le diabète de type 2 se développe-t-il avec l'âge ?

La glycémie à jeun n'augmente normalement pas ou peu avec l'âge. À l'inverse, la glycémie post-prandiale (après un repas) augmente régulièrement avec l'âge, et ce, du fait du vieillissement des mécanismes de régulation du métabolisme glucidique :

  • la diminution physiologique de la sécrétion d'insuline ;
  • la diminution de la sensibilité à l'insuline, à cause de la diminution de la masse maigre au profit de la masse grasse ;
  • la diminution de la sécrétion de GLP-1 (Glucagon Like-Protein-1), l'une des hormones de la satiété, ce qui provoque une réduction de la libération d'insuline après les repas.

Bon à savoir : plus l'organisme, et en particulier le pancréas, ont été fréquemment sollicités au cours de la première moitié de la vie par d'importantes ingestions de produits sucrés, plus ils risquent de s'épuiser précocement. Ce phénomène vient s'ajouter au vieillissement naturel des organes. Une alimentation saine et équilibrée dès le plus jeune âge est donc essentielle pour se prémunir de la maladie diabétique. 

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Parallèlement, le vieillissement s'accompagne de plusieurs modifications de la réponse à l'hypoglycémie (diminution du taux de glucose dans le sang) :

  • la diminution de la sécrétion de glucagon (hormone chargée de libérer le sucre contenu dans les réserves cellulaires) ;
  • la diminution des signes caractéristiques de l'hypoglycémie tels que les sueurs, les palpitations, la sensation de faiblesse dans les jambes, etc. Ce phénomène est majoré chez les personnes suivant un traitement par médicaments béta-bloquants (médicaments fréquemment prescrits pour des problèmes cardiaques ou cardiovasculaires) ;
  • la diminution de la capacité à sentir le besoin d'ingérer un sucre rapide, notamment en cas de crise d'hypoglycémie.

Le diabète de type 2 se manifeste de plus en plus tôt

De manière générale, le diabète de type 2 est une maladie en constante évolution depuis plusieurs décennies. Les origines de cette maladie chronique sont multifactorielles et il faut généralement une conjonction de plusieurs facteurs pour que la maladie apparaisse au fil des années. 

Depuis quelques années, les chercheurs observent une proportion croissante de diabétiques de type 2 jeunes. En lien avec l'essor de l'obésité chez les enfants et les adolescents, il n'est aujourd'hui plus rare de diagnostiquer un diabète de type 2 chez une personne de moins de 40 ans, parfois même chez un adolescent ou un enfant. 

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Diabète de type 2 : une maladie chronique liée au mode de vie

Parmi les facteurs de risque du diabète de type 2, se retrouvent plusieurs aspects essentiels du mode de vie.

L'obésité favorise le diabète de type 2

Le diabète de type 2 survient surtout chez les personnes en surpoids ou obèses, le facteur de risque le plus important étant l'obésité à prédominance abdominale.

De même, la sédentarité et le manque d'activité physique favorisent également le développement de la maladie diabétique.

L'obésité et la sédentarité sont deux facteurs responsables d'insulinorésistance, un phénomène largement impliqué dans le développement du diabète de type 2.

Bon à savoir : obésité et sédentarité favorisent aussi les pathologies cardiovasculaires, à commencer par l'hypertension artérielle. Or, chaque élévation de 20 mmHG de la pression artérielle systolique (le premier chiffre obtenu lors d'une prise de tension) serait associée à une augmentation de 77 % du risque de diabète de type 2 (80 % des personnes diabétiques sont aussi hypertendues).

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Diabète de type 2 et tabac

Le tabagisme est associé à un risque accru de diabète de type 2 et, chez les personnes diabétiques, il expose à un sur-risque de complications cardiovasculaires. Selon plusieurs études, ce sur-risque va de 37 à 44 % et il s’accroît de manière dose-dépendante (plus la consommation de tabac est élevée, plus le risque augmente).

Bon à savoir : l’insulinorésistance est causée non seulement par le tabagisme actif, mais aussi passif.

En effet, il existe un lien probable entre le tabagisme et l’accumulation de graisse viscérale observée chez les fumeurs. Or, l’excès de graisse abdominale favorise le syndrome métabolique.

Source : Pr Vincent Durlach, diabétologue et tabacologue, qui dirige l’unité de coordination tabacologique au sein du CHU de Reims.

Certains antécédents favorisent l'apparition du diabète de type 2

En dehors du mode de vie, certains antécédents personnels ou familiaux prédisposent à l'apparition du diabète de type 2 :

  • des antécédents familiaux de diabète de type 2 ;
  • un antécédent personnel de petit poids de naissance ;
  • un antécédent personnel de surpoids important pendant l'enfance (les enfants obèses ont 4 fois plus de risques de présenter un diabète de type 2 à l'âge adulte) ;
  • pour les femmes, un antécédent de diabète gestationnel ou de bébés avec de gros poids à la naissance (poids de naissance supérieur à 4 kg pour un enfant né à terme).

Bon à savoir : il semblerait que chez les femmes ayant des antécédents de diabète gestationnel, plus la durée d'allaitement est longue, plus le risque de diabète futur diminue.

Diabète de type 2 et dysbiose

Les personnes dont le microbiote intestinal (anciennement appelé la flore intestinale) est perturbé (dysbiose) sont plus fréquemment concernées par les maladies métaboliques telles que le diabète.

Une alimentation déséquilibrée, des troubles digestifs chroniques et/ou une utilisation importante ou fréquente d'antibiotiques peuvent favoriser le déséquilibre du microbiote intestinal.

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Concernant les antibiotiques, une relation dose-effet a été mise en évidence : plus le nombre de traitements antibiotiques est élevé, plus le risque de diabète augmente, et ce, quels que soient les classes d'antibiotiques prescrites et leurs indications thérapeutiques.

Bon à savoir : un tel lien ne s'observe pas avec les traitements antiviraux ou antifongiques.

Une prédisposition génétique au diabète de type 2

Si certaines formes de diabète de type 1 constituent des maladies génétiques, le diabète de type 2 ne peut pas être considéré comme une maladie génétique. Néanmoins, il semble exister une prédisposition génétique au diabète de type 2.

Il n'est pas rare de retrouver plusieurs cas de diabète de type 2 au sein d'une même famille. Ainsi, lorsque l’un des deux parents est diabétique de type 2, le risque de transmission à la descendance est de l’ordre de 40 %. Si les deux parents sont atteints, le risque s'élève à 70 %. Cette prédisposition génétique n'est pas encore clairement élucidée par les chercheurs.

Dans certains cas, le diabète de type 2 résulterait ainsi de la conjonction entre une prédisposition génétique et un ou plusieurs facteurs de risque.

Les personnes âgées diabétiques : une population à risque

L'âge constitue un facteur de risque de développer un diabète de type 2, mais il représente aussi un critère de gravité du diabète. En effet, chez une personne âgée, les complications du diabète peuvent être plus difficiles à prendre en charge et peuvent rapidement dégrader l'autonomie du patient. 

Diabète

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Quelle que soit la complication en cause (atteinte rénale, neuropathie diabétique, atteinte oculaire, risque d'infection, pathologie cardiovasculaire ou mal perforant plantaire), sa survenue favorise le risque de chute et de dégradation de l'état de santé de la personne âgée.

Par ailleurs, la prise en charge d'une personne âgée diabétique doit être plus importante que celle d'une personne plus jeune. En effet, l'âge augmente le risque d'hypoglycémie, dont les symptômes sont souvent moins bien ressentis par les personnes âgées. À nouveau, ce type d'épisode peut être associé à une augmentation du risque de chute. 

D'une manière générale, l’augmentation de la résistance à l’insuline, du stress oxydatif et de la production de produits terminaux de la glycation, les atteintes macro et micro-cérébrovasculaires et l’inflammation chronique constituent des facteurs favorisant les altérations de la fonction cognitive chez les sujets diabétiques. Ainsi, en France, les troubles cognitifs concerneraient 29 % des sujets diabétiques ayant entre 75 et 79 ans.

Enfin, les traitements antidiabétiques peuvent être plus difficiles à suivre chez les personnes âgées, en particulier en cas d'insulinothérapie.À noter que le déclin de la fonction cognitive a non seulement des conséquences sur la qualité de vie du patient et de son entourage, mais également sur ses capacités à prendre en charge sa maladie : respect des traitements, exécution de leurs tâches d’administration et de contrôle de la glycémie, respects des mesures hygiéno-diététiques, etc.

Une personne âgée diabétique doit ainsi faire l'objet d'une vigilance particulière à tous les niveaux, du diagnostic au traitement.

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